mercredi 8 juillet 2009

L’Unité est la seule voie vers la Victoire ! Bruxelles, le 4 Juillet 2009


Des millions d’iraniens, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de notre pays sont descendus dans les rues pour demander d’une seule voix l’annulation de l’élection présidentielle du 12 Juin. Mais le régime a violemment réprimé les manifestations pacifiques des iraniens. Les forces de répression et les miliciens habillés en civil ont agressé nos compatriotes à coup de bâton, leur tirant dessus, visant lâchement le cœur de Neda et de tant d’autres, tirant à bout portant sur les manifestants depuis les toits à proximité des points de rassemblement, attaquant avec une violence inouïe des résidences universitaires pendant la nuit et assassinant avec une cruauté extrême plusieurs étudiants, arrêtant massivement des groupes entiers d’individus dans les rues ou à leur domicile. Malgré la violence de cette répression féroce et la volonté délibérée de semer la peur, les protestations héroïques du peuple iranien se poursuivent.

La poursuite des manifestations démontre que les iraniens n’ont plus peur de ce régime et de son appareil répressif. Ils ont retrouvé leur force dans leur unité, démontrant la puissance retrouvée de la société civile sur le pouvoir central. Ce régime qui s’est systématiquement opposé à toute forme d’organisation au sein de la société civile découvre aujourd’hui dans les rues avec stupeur l’immensité de la force populaire. Une force qui s’est soulevée héroïquement face aux appareils répressifs et qui a démontré sa détermination et sa volonté pour défendre à tout prix son droit de vote.

Le pouvoir a retiré aux iraniens leur droit de vote mais la population a descendu en masse dans la rue pour réclamer ce droit. Dans la République Islamique, il y a toujours eu des scrutins ultra contrôlés et non démocratiques, écartant systématiquement les partis de l’opposition. Malgré cela, les élections ont aussi été des opportunités de faux pas pour le pouvoir central et de redistribution des cartes au sein de ses diverses factions. Les iraniens ont donc eu l’opportunité de choisir parmi les candidats de divers courants du régime et c’est ce qu’ils ont parfois fait massivement, malgré tout, pour démontrer leur volonté de choisir. Mais le courant extrémiste de ce régime ne peut accepter le vote et le choix des iraniens. Ce courant n’a accepté l’organisation de scrutins que pour asseoir sa légitimité. C’est la raison pour laquelle ce courant extrémiste a toujours utilisé toutes les ressources du pouvoir central pour exercer un contrôle absolu du processus électoral afin de ne pas laisser aux urnes la possibilité de définir l’issue des scrutins. C’est ce qui s’est passé lors des précédents scrutins législatifs (7ème et 8ème législatures) et présidentiel (9ème présidence). Mais pour ce nouveau scrutin, la participation massive des iraniens a ôté au régime sa capacité de contrôle total de l’issue de l’élection. Le régime a donc honteusement modifié les résultats du scrutin présidentiel afin de reconduire Ahmadinejad dans ses fonctions.

En commettant cette fraude massive et en nommant Ahmadinejad comme Président, le pouvoir central a bafoué le droit de votre des iraniens. Les iraniens ne peuvent donc ni se porter librement candidat, ni choisir une personne parmi les rares candidats retenus par le tout puissant Conseil des Gardiens. C’est ce qui explique aujourd’hui l’énorme fossé séparant la population du pouvoir central.

Le mouvement de contestation massive du peuple pour l’annulation des résultats de ce scrutin n’a peut-être pas encore atteint son objectif principal mais a déjà eu des retombées d’une importance considérable. Ce mouvement a indiscutablement bouleversé la donne politique en Iran entre le peuple et le pouvoir central. Le régime a totalement perdu sa légitimité pour une majorité d’iraniens. Pour cette majorité, il est à présent totalement évident que pour se maintenir au pouvoir, ce régime ne peut que s’appuyer sur ses appareils répressifs, sur la violence et l’argent du pétrole. La deuxième retombée majeure de ce mouvement de contestation a été le soutien inouï et massif de l’opinion publique internationale ainsi que celui des iraniens de la diaspora. La troisième retombée cruciale a été la participation très importante et simultanée de diverses composantes de la société civile: jeunes, femmes, enseignants, artistes, écrivains, journalistes et ouvriers ont tous pris part à ce mouvement de contestation populaire. Il existe aujourd’hui une unité sans précédent entre les iraniens vivant en Iran et ceux résidant dans d’autres pays ainsi qu’entre les différentes générations.

Nous devons honorer et protéger cette unité retrouvée :
  • En renforçant la collaboration entre les mouvements et les forces aspirant à la liberté des iraniens de l’étranger
  • En soutenant les relations entre les forces démocratiques à l’intérieur et à l’extérieur du pays, et
  • En rompant toutes barrières s’opposant à la constitution d’une grande unité des forces démocratiques
Face à la situation politique actuelle en Iran, il est crucial que toutes les forces de l’opposition soutiennent le peuple iranien et en particulier les jeunes et les femmes, pour que tous ensemble, nous marchions contre le régime qui a ôté aux iraniens le droit de vote, qui a versé le sang de dizaines de nos compatriotes, qui a arrêté et torturé des milliers de jeunes, d’activistes politiques ou de simple citoyens. Nous devons nous soulever en masse contre ce régime pour éviter qu’il puisse atteindre ses objectifs ignobles et imposer un gouvernement dictatorial dans notre pays.

Les Iraniens résidant en Belgique - le 4 Juillet 2009

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